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 Historique de l'Olympique Lyonnais

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Jérémy
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MessageSujet: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 18:08

[Post déplacé par Shu]

très bonne idée que de parler de notre histoire.... J'ai d'ailleurs pas mal de docs sur notre histoire que je peux vous faire partager...

D'abord un récit écrit par un "ami" lyonnais (je vous le fait en plusieurs parties, ça fait 25 pages sur word Razz ) ... Lisez-le vous y apprendrez plein de chose....



L’histoire de l’Olympique Lyonnais
SOMMAIRE:

Introduction : Racines et origines

Chapitre 1: Naissance et premiers pas
1. La naissance du club.
2. Les années Heisserer.
3. Quelques exploits, au prix d'un dur apprentissage
4. L'OL marque les esprits
5. L'OL prend son élan

Chapitre 2: Les années "coupes"
6. Jasseron, les héros et la gloire
7. L'OL joue et gagne
8. En 1968... Le diable était lyonnais!
9. L'OL en couleurs.
10. Une, deux et trois glorieuses
11. Un seul être vous manque... et tout est dépeuplé
12. Pour une dernière...

Chapitre 3: Plus dure est la chute!
13. A la croisée des chemins
14. L'OL aux portes de l'enfer!
15. Le 9 septembre 1980
16. Descente aux enfers

Chapitre 4: L'OL en enfer!
17. L'OL touche le fond
18. Maudits barrages
19. OL, Aulas, Alès...

Chapitre 5: La renaissance
20. A l'heure européenne
21. 1991-1993, la peur au ventre
22. Tigana, le précurseur
23. De Rome à Milan (1995-1997)











INTRODUCTION : RACINES ET ORIGINES

Le football n’a pas attendu l’OL pour s’installer dans la capitale des Gaules. En fait notre ville s’est longtemps fait désirer, et le football lyonnais a dû patienter de longues années avant de s'édifier en club professionnel. L’OL n’aura de cesse de rattraper ce retard… heureusement avec succès. Pendant toute la première moitié du siècle, le football va balbutier à Lyon. L’abnégation de quelques amoureux de ce sport permettra le l’ériger au rang de premier sport de la ville.

Au début du 19ème siècle, les bourgeoisies parisienne et lyonnaise se tournent vers l’olympisme et le rugby. C’est l’exemple de l’Angleterre qui se reproduit chez nous. Outre-manche, le ballon ovale à la faveur des élites qui délaissent le football pour les classes ouvrières. En France, on assiste à la même évolution mais à un degré moindre. Moins industrialisées et moins urbanisées, les catégories ouvrières ne jouent pas le rôle que leurs homologues anglo-saxonnes ont tenu dans le développement du football. Lyon n’échappe pas à la règle. Le LOU est fondé en 1896 et met en avant l’athlétisme et surtout le rugby. Le LOU remporte le championnat de France de rugby en 1932 et réalise le doublé coupe-championnat en 1933, devenant ainsi le phare et la fierté du sport lyonnais des années 30. Il est donc aisé d’imaginer les difficultés pour le football de s’imposer dans ce contexte ! Pourtant, le football existe à Lyon, et les tentatives d’y installer un grand club ne manque pas.

Au début du siècle, on trouve donc 4 clubs de football qui cohabitent à Lyon : Le FC Lyon, l’AS Lyonnaise, le CS Terreaux et la section football du LOU. En 1917, les 4 clubs s’engagent en Coupe de France, pour la première édition de cette jeune demoiselle. Le FC Lyon et l’AS Lyonnaise se rencontrent même dès le deuxième tour. Des quatre, c’est le FC Lyon de Roger Ebrard qui tire son épingle du jeu et qui accède donc à la première finale de coupe de France. Malgré la défaite, l’épisode reste dans les mémoires pour le magnifique fair-play de Roger Ebrard, le capitaine lyonnais (il insista pour que le gardien de l’Olympique de Pantin, exclu, réintégré son équipe). Le FC Lyon perd la coupe mais gagne le titre de meilleur club lyonnais. Dans les années 30, quand sonne l’heure du professionnalisme, c’est le FCL qui obtient les statuts et une place en deuxième division.

Jean Mazier, le fondateur et président du FC Lyon est le grand artisan de cette mue. Mais le projet, précaire, échoue sur le plan sportif. Manque de soutien et orphelin d’une réelle volonté politique, Jean Mazier est de plus en plus isolé. Pourtant il ne renonce pas. Il quitte le FCL et reprend l’AS Villeurbanne. Celle-ci succède au FC Lyon en D2 et accueille de nombreux joueurs lyonnais. Mais les mêmes causes entraînent les mêmes effets. L’échec sportif se répète. Mazier Fait une dernière tentative en fusionnant l’AS Villeurbanne avec le Lyon Olympique (Section foot du LOU) pour faire en 1936, le Lyon Olympique Villeurbanne. Ce projet échouera comme les autres. La plupart des joueurs du LOV, qui disparaît quelques mois après sa création, migrent vers la section foot du LOU et retrouve le stade des Iris. Le ballon rond continue de se chercher à Lyon. Durant l’occupation, les joueurs du LOU doivent cohabiter avec ceux de Saint-Etienne dans l’équipe du Lyonnais. Devant les protestations, les autorités font marche arrière et dès la saison 44-45, on retrouve les clubs pro. Lors de cette saison, le LOU remporte le championnat de France (groupe sud), mais il ne sait profiter de cet élan et retrouve la seconde division et les peines financières en 1946, malgré les efforts de son président Félix Louot. Boudé par la municipalité, ignoré par le grand public et chahuté par les adeptes du rugby, le football lyonnais vit de tristes heures à l’orée des années 50…
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 18:09

CHAPITRE 1: NAISSANCE ET PREMIERS PAS

I. La naissance de l'OL.

Le 26 mai 1950: un nom.
Le 26 mai 1950, dans un petit encadré des pages sport du Progrès de Lyon. Ce fut donc un petit bout de journal qui lança la grande histoire de notre Olympique Lyonnais. Le LOU ne voulait plus entendre parler du football professionnel. "Ce sport de manchots" selon les propres dires de ses dirigeants, qui, vous l'aurez compris, préféraient allègrement le monde de l'ovalie.
Un petit groupe d'amoureux du football, qui ne voulaient pas croire que Lyon serait à jamais fâché avec le ballon rond, ont forcé la main de l'histoire. MM. Blum, Carrel, Chavanne, Daurensan, Forest, Groslevin, Louot, Marceau, Tournier, Sochay et les docteurs Maries, Rochet et Trillat sauvaient le football lyonnais et créaient notre cher OL.
Parmi ces hommes, le professeur Trillat a joué un rôle déterminant. C'est à lui que revient la paternité du nom; Olympique Lyonnais, comme le Lyon Olympique, l'ancêtre de notre club créé en 1933 par Jean Mazier. Il est aussi à l'origine du rouge et bleu comme couleurs du club, celle de la ville de Lyon, choisies pour faire plaisir à un Edouard Herriot peu enclin aux choses du ballon rond. Le vieux maire radical refusait de favoriser le développement du football professionnel à Lyon.
L'Olympique Lyonnais récupéra les joueurs, l'entraîneur, Oscar Heisserer, et la place en deuxième division de l'ex-section foot du LOU. Armand Groslevin devenait le premier président de l'OL.

Le 3 août 1950: des couleurs.
Le 3 août 1950, notre club vit le jour officiellement, sous le nom d'Olympique de Lyon et du Rhône. La légende olympienne veut que le blanc de nos maillots ait été choisi du fait de notre premier adversaire (amical) après la création officielle du club. Le 5 aout 1950, l'OL aurait rencontré, sur un terrain des Buers, le LOSC qui jouait... en blanc! D'autres explications demeurent : Le Blanc est la couleur de l'olympisme et le lion, sur les armoiries de Lyon, est d'argent, c'est à dire blanc.

Le 27 août 1950: un match.
Le premier match officiel de l'Histoire de l'OL se déroule le 27 août 1950 à Gerland, dans la cadre de la première journée du championnat de France D2, contre le CA Paris et ce, devant 3000 personnes. Les lyonnais s'imposent 3-0 avec deux buts de Dupraz et un de Calligaris!
Des matchs amicaux avaient déjà eu lieu avant le 5 août, comme ce OL-ASSE organisé en juillet 1950 à Gerland pour fêter le passage du Tour de France. Les lyonnais s'étaient imposés 2-0. (Calligaris et Stekiw)...

L'OL est créée en 1950. Mais plus qu'une création c'est une indépendance que le football lyonnais a gagné. Les filliations avec le LOU et le FC Lyon sont évidentes. Cette naissance est le fruit de 50 ans d'abnégation d'amoureux du football et de leur ville: Félix Louot, Armand Groslevin, Albert Trillat... mais aussi et surtout Jean Mazier! Car l'Olympique Lyonnais est en fait le club qu'il a voulu bâtir, en cela c'est aussi un peu le sien.

Le club reprend tout du LOU: Les strutures, les joueurs et le staff. Alors qu'est-ce qui différencie vraiment l'OL de ses ancêtres? Qu'est-ce qui fait son identité? L'OL décide de s'installer à Gerland, c'est déjà un bon début de réponse....

II. Les années Heisserer.

Né en 1950, le club commence son histoire en D2. Fragilisé sur le plan financier, inconnu et sans réputation, on ne donne pas cher de sa peau. Mais c'est sans compter sur le pragmatisme et les certitudes d'Oscar Heisserer. Notre entraîneur, ex-international, se lance à corps perdu dans l'aventure. La première saison du club est un succès. L'OL est sacré champion de France de D2 et accède donc à l'élite après seulement un an d'existence. Heisserer fait, selon ses propres dires, de "l'artisanal". A partir de l’effectif de l’ancien LOU, avec des joueurs comme le buteur Dupraz et d’un recrutement modeste mais intelligent (Le milieu Woelh et le gardien Lergenmuller), il a fabriqué une équipe et un jeu à la hauteur de ses ambitions. Les attaquants Dupraz et Rolland marquent et la défense ne prend pas de buts. Les lyonnais gagnent 9 de leurs 10 premiers matchs, et malgré une petite baisse de régime hivernale, ne laissent pas échapper la montée. Il a fallu pourtant cravacher dur. Même Heisserer n’a pas hésité à rechausser les crampons ! Le match décisif, contre Troyes, a été des plus homériques. Il fait parti aujourd’hui des matchs de la légende de l’Olympique Lyonnais. Ce jour-là, une victoire contre le club champenois assurait une montée mathématique. Les lyonnais, menés 4-1, l’ont emporté finalement 5-4 !

Un an seulement après sa création, l’OL gagne une place parmi l’élite. Le football lyonnais rattrape donc le temps perdu à grands pas ! Mais attention de ne pas aller trop vite, et de ne pas trébucher en chemin. L’OL fait donc preuve d’audace. Les internationaux Flamion et Grillon sont recrutés, et leurs venues doivent, en principe, renforcer un effectif en pleine confiance. Malheureusement, le niveau de la première division est encore trop élevé pour des joueurs jeunes et sans expérience. C'est finalement, sans surprise et après seulement 7 victoires, que l'OL retrouve la D2 au terme de la saison 51-52. Mais le combat a été héroïque! Pour preuve Heisserer, à 38 ans, reprends, une fois de plus, du service contre Sète. Il étonne tout son monde par sa disponibilité, et clin de l’œil de l'histoire, c'est lui qui ouvre le score! Le constat est cruel, mais bien réel ! L’OL est peut-être monté trop vite. Cette année-là, il lui a manqué l’expérience et peut-être la maturité d’un leader sportif… que deviendra quelques années plus tard André Lerond, débarqué entre Rhône et Saône au cours de cette saison 51-52. Sa venue est la preuve que l’ambition des dirigeants lyonnais, Groslevin en tête, reste intacte. L’idée de la jeunesse et de l’avenir anime tout un club qui aspire enfin à la stabilité dans l’élite.

Ce pendant à l’orée de la saison 52-53, L'OL, club aux structures encore fragile, doit laisser partir une dizaine de joueurs, pour s'assurer une base financière solide. Le recrutement est extrême limité et la saison qui s’annonce sera en fait une saison moyenne, une saison de transition. Le Club termine 8éme de la D2, et atteint les huitièmes de finale de la coupe de France. Mais notre olympique n'a pas dit son dernier mot. En juin 1953, l'OL décide de se donner les moyens de ses ambitions: la remontée en D1 et un maintien durable. Pour cela, le club recrute une dizaine de joueurs dont les Scandinaves Hjalmarsson et Jensen. Lerond, Schultz et Bonvin deviennent les leaders de cette équipe. Malgré les nombreuses blessures, dont celle de Lucien Genet*, l'OL mène la danse de la D2 et les adversaires les plus coriaces font les frais de l'efficacité offensive lyonnaise: Sedan en prend 6 et le racing 4... Rien n'arrête notre olympique qui ne se contente pas d'accéder en D2 puisqu’il remporte son second titre en seulement 4 ans d'existence. L'enfance de l'OL est décidément heureuse.

* Entre 1952 et 1954, Lucien Genet, le père de Guy, inscrit 11 buts pour l'olympique lyonnais qui est aussi une affaire de famille. Malheureusement pour Lucien Genet, il se blesse gravement à Angers, et malgré l’intervention d’Albert Trillat, il ne retrouvera jamais son football.

Oscar Heisserer avec le maillot de l'équipe de France. Il fut également un grand capitaine de l'équipe de France des années 30. Résistant durant la seconde guerre mondiale, il nous a quitté le 6 octobre 2004 à l'âge de 90. Respect et admiration Monsieur Heisserer.
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:05

III. Quelques exploits, au prix d'un dur apprentissage

Nous sommes au commencement de la saison 1954-1955 et l'OL, en quatre ans d'existence, a déjà réussi l'exploit de monter deux fois en première division. Pour cette deuxième expérience notre club ne semble pas vouloir commettre les erreurs de la saison 51-52. A Lyon, on veut désormais miser sur la stabilité. Mais la réalité s’éloigne étrangement du discours.

Dès l’intersaison 54, le club tombe dans le piège du recrutement spectaculaire. Trente-huit avant Torben Frank, l'OL recrute l'attaquant rémois Pierre SiniBaldi. Le transfert fait grand bruit, mais blessé au genou droit ce joueur ne jouera qu'un seul match avec l'OL. Ensuite l’OL changera deux fois d’entraîneur en moins d’un an. C’est d’abord Oscar Heisserer qui quitte le club en cours de saison. Figure emblématique de l’OL, il est critiqué et en désaccord avec le président Groslevin. Il est remplacé dans un premier temps par Julien Darui (ex-international), puis par Lucien Troupel, l’ancien entraîneur de Lerond à Cannes. Troupel impose sa marque et ses principes, il fait appel à de nombreux jeunes issus du centre de formation et limite un recrutement hasardeux.

A son terme, la saison 54-55 est un succès puisque le club, qui termine 12ème de première division, assure son maintien pour la première fois de son histoire. L'équipe s'appuie sur les mêmes cadres qui lui ont permis de monter. Bonvin et Lerond rassurent en défense, nos vikings Hjalmarsson et Jensen maintiennent leur efficacité offensive, Ninel est toujours aussi précieux et l'attaquant suisse Fatton, transfuge du Servette, finit meilleur buteur de l'équipe avec 13 buts. Antonio, Nowak et Alberto apportent leur expérience et consolident le groupe. L'objectif est atteint et l'OL se paye même le luxe de battre Marseille trois buts à un.

Lors de la saison suivante, les lyonnais, conduits par Lucien Troupel, assurent le maintien de manière similaire. Le groupe est renforcé par l’arrivée de Robert Mouynet En championnat, le parcours est moyen, 8ème avec 37 points (en 34 matchs) et serait même resté anecdotique si Ninel n'avait pas marqué le but de la première victoire lyonnaise à... Saint-Etienne (0-1, 30000 spectateurs).
Mais en cette année 1956, l'OL tombe amoureux d'une vieille dame, la coupe de France se laisse déjà séduire par ces couleurs rouge et bleu. Peut-être, n'avait-elle pas oublié que ses premiers amours avaient été lyonnais, ces magnifiques perdants de la finale de 1918, Lucien Ebrard et les autres du FC Lyon.
Après avoir sorti Delle, le Red Star et Brest, l’OL retrouve, en avril 1956, le grand OGC Nice (futur champion) en quart de finale au Vélodrome de Marseille. Quatre-vingt-dix minutes de résistance acharnée aux assauts niçois n'ont pas éprouvé la lucidité des lyonnais qui ouvrent la marque, par Kermali dans les premières secondes de la prolongation. L'OL inscrira deux autres buts en fin de match par Kerbali qui récidive et par Schultz. Cette magnifique victoire, fruit du premier exploit de son histoire, ouvre les portes des demis finales aux olympiens, mais reste malheureusement sans lendemain puisque l'OL chute à Colombes face à Sedan. C’est une stupide erreur d'arbitrage prive l'OL d'une première finale.

IV. 1956-1959: L'OL marque les esprits.

L'histoire est longue, et le crépuscule des années 50 marque une certaine inertie du club. L'OL finit 12ème en 56-57, 8ème en 57-58 et 9ème en 58-59 et ignore, durant ces trois années les parfums enivrants du dernier carré de la coupe. Mais notre club chéri ne se prive pas pour autant d'écrire quelques fameuses pages de son histoire.

En 1956, arrive au club un joueur qui va marquer sa jeune histoire: l'exceptionnel Lucien "Loula" Cossou. Il inscrira 35 buts en trois saisons sous les couleurs lyonnaises. Avec Fatton, Schultz et Cossou, l'OL, sous l’égide de Lucien Troupel, présente un séduisant visage offensif. Les trois hommes inscrivent pas moins de 27 buts à eux trois lors de la saison 56-57. L’efficacité de nos trois buteurs ne suffit pas pour obtenir mieux qu’une douzième place. Mais l’OL prouve qu’il faudra compter sur lui et marque ses ambitions. De plus, le derby à Gerland de cette saison 56-57 prouve, avec son nouveau record d’affluence (30309 spectateurs), que l’OL a son public et que le football séduit de plus en plus les lyonnais, même si nos gones sont battus 3-1 par les verts… Passons...

La saison 57-58 ressemble étrangement à la précédente. L'OL ne brille pas particulièrement mais se maintient tout de même parmi les 10 meilleures équipes de France. Pas si mal pour un club qui n'a pas encore 10 ans. La saison finit mieux qu'elle ne commence. En effet en juillet et septembre 56, nos deux canonniers Jacky Fatton et Ernie Schultz quittent le club et les caisses se remplissent de nouveau. Côté arrivées, on enregistre la venue du jeune Marcel Le borgne, dont on aura l'occasion de reparler. Au mois de janvier le milieu Kermali disparaît... Il a été réquisitionné pour jouer dans l'équipe du... FLN. Mais l'évènement de la fin de saison est beaucoup plus heureux. Deux lyonnais, Lerond et Mouynet participent à la coupe du monde 1958. Lerond jouent les six matchs des bleus aux côtés des légendaires Kopa et Fontaine. A la fin des années 50 l'OL tient fièrement sa place au sein du football français.

Mis à part une belle victoire 2-0 dans le derby du Lyonnais à Gerland (deux buts de Cossou), la saison des gones en championnat est plutôt terne. Ils finissent à la neuvième place. Cependant on entend beaucoup parler parler de l’OL en cette fin des années 50.
Pour commencer, à l’intersaison 1958, le club lyonnais s’offre le milieu de terrain du RC Paris Antoine Dalla Cieca pour… 15 millions de francs.
Ensuite l’OL participe pour la première fois à une compétition européenne en coupe des villes de foire. L’expérience est douloureuse. Pour son premier match continental, le grand Inter inflige un cuisant 7-0 au match aller. Avec un but de Camille Ninel, les lyonnais sauvent leur honneur et arrache un bon nul lors du match retour.
Enfin et surtout, le 22 février 1959 à Oran, dans le cadre d’un huitième de finale de coupe de France, l'OL rencontre le grand Stade de Reims, tenant du titre de la compétition. Personne ne donne cher de la peau des lyonnais face à l’ogre rémois. Ce dernier ouvre logiquement le score. Mais devant 30000 personnes médusées et initialement venues supporter les hommes de Batteux, l'OL, auteur d'un match exceptionnel, parvient à égaliser par Dalla Ciera et remporte la partie dans la prolongation grâce à un but de l'incontournable Ninel. L'OL vient de donner une leçon de football à la deuxième meilleure équipe d'Europe. Bravo!

V. L'OL prend son élan...

L'Olympique lyonnais s'engouffre dans cette décennie, qui sera sienne, par la petite porte. Le club doit subir de nombreux changements structurels, à l'image de la ville, qui sort de 50 ans "d'Hérriotisme" et qui rentre doucement dans une phase de modernisation, le club vit son dixième anniversaire dans le doute et l'inconfort.

En 1959, le président Grosvelin passe la main à un autre fondateur de l’OL, Ferdinand Maillet. Grosvelin a passé 10 ans à la tête du club qu'il a contribué à fonder. Son bilan est largement positif. Le club est bien installé en division 1 et se forge même une réputation grâce à quelques bons coups en coupe, parlez-en aux Niçois et aux Rémois. Cependant les dernières années de son mandat coïncident avec une certaine stagnation des résultats et avec quelques difficultés financières, le club peine à grandir. Mais les dirigeants, tout en respectant le bon esprit lyonnais, assurent le changement dans la continuité, c'est donc Maillet, le bras droit de Grosvelin, qui prend le relais. Ces modifications à la tête du club s'accompagnent d'une refonte de l'effectif et du staff technique. Lucien Troupel laisse sa place à Gaby Robert. Des joueurs qui étaient les symboles de l’Olympique Lyonnais des années 50 quittent le club. Le charismatique André Lerond est cédé au Stade Français, Mouynet s’en va du côté de Toulouse et Lucien Cossou s’installe en Principauté, c'est bien la fin d'une époque.

Parallèlement, de nouveaux joueurs font de plus en plus parler d'eux. Autour des anciens Ninel et Mignot, les jeunes Djorkaeff et Leborgne se font progressivement une place. En janvier 1960, l'OL recrute un jeune argentin dont le nom résonne déjà comme le tonnerre: Nestor Combin. Un autre de ses compatriotes débarque entre Rhône et Saône : Un classieux, un ange : Angel Rambert. Enfin un gone du coin, tellement du coin qu'il pouvait voir le stade Gerland de sa fenêtre, commence à pointer le bout de son nez... le nez d’un prince paraît-il. Ce petit gerlandais de Fleury Di Nallo!

Sous la conduite successive de Gaby Robert (1959-1961) et Manu Fernandez (1961-1963), ce mélange de jeunes prodiges et d'anciens chevronnés a tout pour réussir. Malheureusement les résultats ne suivent pas. Le club fréquente les profondeurs du classement durant trois saisons de suite (de 1959 à 1962: 16ème, 15ème et 16ème). En plus « l'amour de toujours » semble fâchée et la coupe nous boude, l'OL ne fait pas mieux que d'atteindre les huitièmes de finale en 1961. Cependant le désarroi n'envahit pas le cœur des gones, notre équipe nous rappelle qu'elle a encore tout pour réussir. Ainsi le 25 mars 1962, l'OL bat la banlieue sur le score de 4-0, ce jour-là Gerland se trouve un prince, son petit prince, le grand Fleury. Lors de cette saison 61-62, il inscrit déjà 18 buts, Nestor Combin le seconde avec 13 réalisations. Comment l'OL ne pourrait-il pas réussir avec cette génération pétrie de talent!
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:06

CHAPITRE 2: LES ANNEES "COUPES"

VI. Jasseron, les héros et la gloire

L'OL présente de plus en plus un visage séduisant et offensif, les Di Nallo, Rambert et Combin ne sont pas étrangers à cette image attrayante du club. Cependant les résultats ne suivent pas. En 1962, l'OL flirte dangereusement avec la relégation et assure son maintien seulement lors de la dernière journée. Que manque-t-il à notre club pour enfin réussir et pour enfin gagner un titre? Telle est la question que se posaient les supporters lyonnais des sixties... Nous, nous connaissons la réponse, elle a pour nom Lucien Jasseron.

1. Première tentative en 1963
Cet ex-international, ancien co-équipier de Heisserer au racing, débarque à Lyon en juin 1962. En tant qu'entraîneur, il a son actif un exploit, pour l'heure sans précédent : En 1959, il gagne la coupe de France avec le Havre, qu'il propulse également en première division. C'est un homme expérimenté et ambitieux qui prend en charge l'avenir de l'OL. Et sa politique est un succès. Lors de la saison 62-63, l'OL est sacré champion d'automne et finit la saison à la cinquième place, la meilleure de son histoire. Alliant solidité défensive et efficacité offensive l'OL se présente en coupe de France comme une des meilleures équipes de l'hexagone. Epinal, le Stade Français, Marseille, Sedan et Toulon cèdent devant un OL irrésistible. Les Lyonnais se retrouvent donc en finale de coupe de France 45 ans après les héros du FC Lyon de 1918... Mais face à nous se présente l'ogre monégasque, futur champion de France. Le 12 mai, à Colombes, devant 32456 spectateurs, Lyon et Monaco se séparent sur un match nul 0-0. Pas de tirs au but, mais une finale à rejouer 11 jours plus tard. Entre temps, Monaco est devenu champion de France, et les gones ne peuvent plus rien, Monaco grâce notamment à Cossou... un ancien lyonnais, l'emporte deux buts à zéro. La déception est grande, mais la qualification pour la coupe des vainqueurs de coupe (grâce au doublé monégasque) atténue la tristesse lyonnaise...

2. En route vers un triplé historique
L'espoir est grand à l'orée de la saison 63-64, et les supporters lyonnais ne seront pas déçus! Pourtant les débuts ne sont pas glorieux. Faute de moyens, le recrutement est inexistant! Jasseron s'appuie donc sur le groupe de la saison précédente, sans renfort. Le début du championnat semble prouver la stagnation, l'OL est irrégulier et alterne le bon et le moins bon. Mais la science de Lucien Jasseron finit par faire merveille de nouveau. Entre le mois de novembre et le mois de janvier, l'OL effectue une spectaculaire remontée de la 10ème à la 2ème place du championnat, juste derrière Saint-Etienne! Cette formidable série met en lumière une nouvelle génération de joueurs, Dumas, Rivoire, Hatchi en sont les porte-drapeaux! Parallèlement, l'OL progresse tour après tour en coupe de France et en coupe d'Europe. Le 1er mars 1964 les Lyonnais sont seconds du championnat, qualifiés pour les huitièmes de la coupe de France et les quarts de la coupe d'Europe! Ce parcours est exceptionnel pour un club français, même s’il n’était pas forcement préparé.

3. L'OL est arrivé trop tôt
Confronté à un calendrier infernal, les Lyonnais abandonnent le championnat, pour finir finalement à une quatrième place (la meilleure de son histoire tout de même). En C2, l'OL doit affronter Hambourg en quarts de finale. On ne donne pas chère de la peau des gones dans l'enfer du Volksparkstadion avec ses 70000 personnes. Mais les lyonnais réalisent l'exploit d'arracher le nul 1-1 avant de battre sans appel les Allemands 2-0 grâce à la Foudre et à Fleury dans un Gerland déchaîné… L'Europe est rouge et bleue. Malheureusement les lyonnais doivent s'incliner au tour suivant face au Sporting de Lisbonne. Mais quelle injustice de l'Histoire! L'OL concède un 0-0 à Gerland puis obtient un 1-1 au Portugal... L'OL est qualifié pour la finale, le but à l'extérieur fait la différence ! Et bien non! Cette règle n'existe pas encore, l'OL est arrivé trop tôt et les protagonistes doivent jouer un match d'appui, que l'OL perd 1-0... Tristesse! Mais l'OL ne dit pas son dernier mot et c'est vers son premier amour qu'il se tourne: la Coupe de France. Et cette fois, la belle ne résiste pas, elle se laisse séduire! Nîmes, Forbach, Cherbourg, Lens et Valenciennes passent à la moulinette, et c'est enfin les girondins qui boivent la tasse en finale. Combin leur enfonçant la tête sous l’eau !

4. Bordeaux est arrivé trop tard
Bordeaux et l’OL partagent les mêmes valeurs défensives. Solidité des arrières, rapidité et explosibilité offensive. Les lyonnais, finalistes pour la seconde année consécutive, connaissent l’importance des premières minutes de cette finale. De plus, leurs parcours européen a forgé chez les gones une certaine expérience des grands évènements. Les hommes de Jasseron ont appris à gérer la pression. Dès la douzième minute de jeu, Combin assène un premier coup à la défense girondine, 1-0 pour l’OL, reste plus qu’à défendre. Nos lyonnais vont même faire mieux : à la 26ème minute de jeu, Angel Rambert débaroule sur son aile gauche, transmet à Degeorges qui glisse le ballon à Combin, qui, pour la seconde fois foudroie Renouil d’un boulet de canon ! En deuxième période, les bordelais se réveillent, Aubour laisse parler son talent et réalise une demi-douzaine d’arrêts décisifs ! Il ne reste que quelques minutes à jouer quand Dumas et Chorda en viennent aux mains et sont exclus! Mais les bordelais sont arrivés trop tard. Ce Lyon-Bordeaux marque le début de l’histoire d’un classique, dont on n’aura pas fini de parler ! Peu importe, l’OL tient sa coupe, l’OL tient son trophée. La ville est en fête et ils sont déjà 100 000 à Perrache pour accueillir Jasseron, les héros et la gloire !

L'OL 63-64 est certainement le plus compétitif de l'histoire ancienne du club! Il fut à deux doigts de réaliser un triplé historique. Mais l'histoire est en marche, et les lyonnais des années 60 ont montré la marche à suivre, 40 ans après ce rêve n'a jamais été aussi proche de la réalité.



VII. L’OL joue… et gagne !

L’ivresse lyonnaise de cette année 64 a fait quelques curieux et la foudre des buts de Combin a résonné dans bien des contrées. Le Piémont n’est pas resté insensible au talent de Nestor…

1. La Juventus engage Combin, l’OL est orphelin !
En juin 1964, Nestor Combin s'en va! Il part pour connaître les sommets du foot européens avec la Juventus et conquérir le calcio! Entre 1960 et 1964, la foudre est tombée à 94 reprises sous le maillot lyonnais, Nestor fait donc partie intégrante de la légende olympienne. Mais le poids de son absence pèse et le vestiaire lyonnais tarde à se remettre du départ du franco-argentin. Rambert et Di Nallo sont orphelins. Le remplacement de la star se fait en interne, le grand espoir du club, Jean Dumas, prend la relève avec Brio. Malgré un moral moyen et une fatigue évidente, les lyonnais débutent bien la saison. Dumas fait merveille et l'OL occupe rapidement la première place du classement jusqu'au derby à Geoffroy Guichard... et une défaite 6-0. La saison devient finalement longue et ponctuée de mauvaises surprises: Les lyonnais sont éliminés sans appel en coupe d'Europe par Porto et l'OL perd son trophée en 32ème de finale face aux modestes toulonnais! Mais le pire reste à venir. Jean Dumas, le "petit Combin" comme l'avaient surnommé les supporters de Gerland, se blesse grièvement et met un terme à sa prometteuse carrière à l'âge de 21 ans. Une saison à vite oublier, même si l'OL termine 6ème du championnat. La saison suivante, 1965-1966 n'est pas à oublier, on va dire qu'elle n'a pas existé, l'OL est éliminé en huitième de coupe par Toulouse... et finit 16ème du championnat, sauvant sa tête de justesse contre Lens lors de la dernière journée!

2. L’OL change pour gagner
La saison 66-67, est celle des changements et du retour sur le devant de la scène. En 1965, Edouard Rochet (un des fondateurs du club) succède à Ferdinand Maillet. Lucien Jasseron quitte le club et laisse sa place à l'expérimenté Louis Hon. Jasseron restera à jamais comme l’entraîneur qui a ouvert le palmarès lyonnais. Toute la ville et tous les passionnés de notre club lui en sont reconnaissants. Son remplaçant, Louis Hon, est un technicien expérimenté. Il a joué au Real Madrid et a entraîné plusieurs clubs espagnols. Mais les perspectives sont un peu floues : Aubour est parti à Nice, Djorkaeff n’est plus lyonnais et Rambert, déçu que son club n’ait pas embauché son jeune frère, mange son pain noir. C’est pourquoi cette saison 66-67 s’annonce comme une transition dans la jeune histoire olympienne. Rapidement l'OL abandonne le championnat qu’il finira à une modeste 15ème place. En cette année du « love power » l’Olympique Lyonnais retrouve son premier amour: La Coupe de France. Adepte du 4-3-3, on construit une équipe offensive et séduisante! Malgré les départs de plusieurs joueurs cadres, les lyonnais réussissent un magnifique parcours. En 32ème de finale ils éliminent Saint-Nizier modeste club amateur. C’est au tour suivant que commencent les choses sérieuses : En seizième de finale l'OL retrouve une vieille connaissance : l’ASSE. Sur terrain neutre, à Annecy, les lyonnais s'offrent le luxe de battre les futurs champions de France deux buts à zéro grâce à Di Nallo et Rambert. Ils enchaînent en éliminant Rouen puis Angers.

3. Le hasard + une pièce + le Général = Une seconde coupe de France
En demi- finale, l'OL doit affronter Angoulême, cette confrontation donnera lieu à l'une des plus belles pages de l'histoire de l'OL et de la coupe de France. A Limoges Angoulême, club de deuxième division, et l'OL se séparent sur un score nul de trois partout, alors que les lyonnais menaient 3 buts à un à la mi-temps. Au terme d’une partie hachée pour ne pas dire violente, lyonnais et charentais se donnent rendez-vous pour un match d’appui. Cette rencontre a lieu à… Geoffroy Guichard devant 30 000 personnes "Atmosphère! Atmosphère!" En effet les 6000 lyonnais doivent tenir tête aux 20000 individus qui ont pris fait et cause pour les Angoumoisins. L’ambiance est électrique et le speaker est obligé de lancer des appels au calme à plusieurs reprises. Mais il en faut plus pour impressionner les gones, et les rouges ouvrent le score rapidement par Rambert qui a toujours aimé faire taire les stéphanois. Malheureusement Angoulême égalise 5 minutes plus tard. Les duels sont rudes et l’OL se retrouve en supériorité numérique à un quart d’heure de la fin, mais rien n'y fait le score en reste à 1-1, le match est rejoué une nouvelle fois à Marseille. Ce sera la dernière, puisque la fédération, de peur d’être obligé de repousser la finale, ressort un vieux point de règlement qui stipule qu’en cas de nouvelle égalité, un tirage au sort décidera du finaliste. Et cela ne rate pas, au terme des 90 minutes lyonnais et charentais sont encore dos à dos, c’est donc le hasard qui en décidera. Dans une confusion totale le destin des deux équipes se joue alors sur la chute d'une pièce de 5 francs en bronze qui tombe sur face, le choix de Di Nallo, l'OL est en finale! Au Parc des Princes, en finale, les lyonnais retrouvent les sochaliens. Mis à part les nombreux gones qui ont pris le train bleu pour monter dans la capitale, le public est en majorité favorable aux francs-comtois. Peu importe, l’inévitable Angel Rambert ouvre la marque avant que Leclerc pour Sochaux égalise à la demi-heure de jeu. Il faudra attendre les 10 dernières minutes d’une partie assez fermée pour que l’OL par André Perrin et Di Nallo offrent définitivement la deuxième coupe de France à Lyon. L’histoire retiendra que ce soir-là, rien ne pouvait arriver à l’OL, puisque même le Général De Gaulle renvoyait les passes lyonnaises. En effet à l’heure de jeu, Hector Maison réalise un magnifique Une-deux avec le Chef de l’Etat… Le lendemain ce sont plus de 100 000 lyonnais qui fêtent leurs héros !

Troisième finale nationale pour l’OL en 17 ans d’existence : L’OL toujours irrégulier en championnat s’affirme de plus en plus comme une redoutable équipe de coupe.

VIII. En 1968...le diable était lyonnais.

Chauveau, Desgeorges, Di Nallo, Flohic, Glyzinski, Guy, leborgne, Lekkak, Lhomme, maison, Nouzaret, Pin, Rambert, Rocco, Schwin, Zewulko, bouassa... Tous comme des diablotins à White Hart Lane!

1. L’OL écrit son histoire à White Hart Lane
Lors de cette saison 67-68, l'OL abandonne rapidement ses chances en championnat, ces compétitions sur la durée ne sont pas le fort des lyonnais, qui préfèrent entretenir l'idylle avec les coupes! La coupe de France, intransigeante, fait la nique à l'OL en huitième de finale pour embrasser les modestes amateurs normands de Quivilly! Alors notre olympique se tourne vers la coupe des coupes, sa plus fidèle maîtresse!
Après avoir battu Aris Bonnevoie au 1er tour, les lyonnais doivent affronter les londoniens de Tottenham en huitième de finale. Le match aller est un massacre de football! L'OL l'emporte 1-0 (Di Nallo), mais ce match illustre à lui seul les relations footballistiques entre la France et la perfide Albion! Vous avez dit entente cordiale? Pas moins de deux expulsés et une pléiade de mauvais gestes... Le flegme britannique s'est perdu sur la route des amabilités! Ça promet pour le match retour!
On promet l'enfer aux lyonnais, et c'est bien le monde de Lucifer qui attend les gones. 60000 britishs déchaînés autour de la pelouse de White Hart Lane, muée en champ de bataille! Chauveau est fantastique et il multiplie les exploits. L'OL résiste et supporte l'énorme et légendaire poussée des spurs. « Messieurs les anglais, tirez les premiers ! » Les londoniens ouvrent la marque par Greaves. C'est terrible, que peuvent nos lyonnais ? Ils sont 11 contre... 60 000! L'OL ne peut résister, l'OL ne résiste pas, à la mi-temps les lyonnais sont menés 2-0, ils sont battus... Non! A la 60ème minute Fleury le gone, le petit prince, refroidit à lui seul les flammes de l'enfer anglais ! 2-1 ! On y croit, l'OL est qualifié! Non 3-1, puis 3-2 grâce à Rambert, puis 4-2 et enfin 4-3 par Bouassa, l'OL a tu l'enfer de Tottenham! L'OL est historique!
En quart de finale, l'OL retrouve une vieille connaissance de 1964 : Hambourg. L'ambiance du nord allemand est aussi chaude que la mer du Nord est froide! Mais cette fois-ci l'OL ne résiste pas, il est battu 2-0 au match aller, et de manière assez logique. Mais grâce à la belle présence de public lyonnais à Gerland, l'OL refait son retard grâce à son prince, toujours aussi grand! L'OL obtient le match d'appui, et comme il est de coutume, les dirigeant des deux clubs se rencontrent pour décider du lieu de ce match! On espère, du côté des supporters lyonnais, que le match se jouera sur terrain neutre! Mais c'est sans compter sur le nerf de la guerre: l'argent! La recette est en effet susceptible d'être plus importante à Hambourg, alors, on joue… à Hambourg. L'OL gagne beaucoup d'argent (la moitié de la recette du match) mais perd la qualification pour les demi-finales! L'OL 1968 reste cependant un grand cru...

2. Yves Chauveau, le bressan volant
Notre homme est un ventre jaune de Bourg! Là-bas, ils préfèrent jouer au ballon avec les mains, la Bresse est depuis toujours une terre de Rugby. C'est donc en toute logique que Chauveau se retrouve sur la ligne entre les trois barres, même si lui, aurait peut-être préféré planter quelques cacahouètes en face! Sélections du lyonnais alternent avec les performances burgiennes, Yves ne pouvait échapper à l'Olympique Lyonnais. Il débarque entre Rhône et Saône en 1965. Rapidement, il est prêté à Grenoble où il côtoiera le grand Albert Batteux. Puis il revient en 1967 pour doubler Michel Zewulko, le successeur d'Aubour! Mais le destin en décide autrement! Indisponible à l'aube de la saison 67-68, Zewulko ne retrouvera jamais sa place... C'est le jeune bressan de 22 ans qui prend les clés de la porte lyonnaise, et ce pour 7 ans.
Durant cette première partie de carrière, Yves Chauveau a remporté deux coupes de France en 1967 (comme remplaçant) et en 1973 et a joué une finale en 1971. Indéboulonnable du 11 lyonnais, il a été auteur d'un certain nombre de matchs de haute volée. Notamment cette demi-finale de coupe en 1971 contre Sochaux. Mais il est un exploit qui colle à la carrière de Chauveau comme les gants du gardien colle à ses mains, c'est ce match retour de coupe d'Europe à White Hart Lane contre Tottenham (huitième de finale)! Il a écœuré à lui seul tout le chaud public londonien! Les lyonnais l'avaient emporté 1-0 à Gerland, mais le voyage en Albion était une autre histoire. En plus de faire face aux assauts de 11 anglais révoltés, les gones devaient supporter l'ambiance surchauffée par les 60000 furieux de White Hart Lane. Et y'en un qui a le Kop dans le dos, c'est Yves. Imaginez un peu la tension! Sachez mes amis que certains joueurs se sont glissé du coton dans les oreilles, tellement que le bruit est ahurissant! Les Lyonnais sont acculés. Ils ne sortent plus de leurs 30 mètres. Chauveau parvient tout de même à contenir un maximum d'attaques anglaises, et il faut un but hors-jeu et un penalty pour permettre à Tottenham de mener 2-0 à la mi-temps. Lors de la deuxième période le match s'emballe: 2-1 puis 3-1... 3-2 et enfin 4-2 avant que les lyonnais fassent taire toute l'Angleterre: 4-3! Malgré les quatre buts encaissés, c'est bien Chauveau le héros de la soirée. Celui qui sera surnommé "gardien volant" par la presse anglaise. France-Foot titrera: "Dans l'enfer de Tottenham, le diable était lyonnais"... et un petit peu Bressan!
En 1975, Yves Chauveau tente l'aventure monégasque avant de revenir chez lui, à Lyon en 1978, pour y finir une belle carrière, une carrière exemplaire.
Avec l'OL, il a joué 484 matchs. Ce qui en fait le troisième joueur qui a porté le plus souvent le maillot de l'OL, derrière Chiesa et Di Nallo et le premier gardien...

La décennie écoulée est celle des coupes, l'avenir ne peut être que prometteur.


IX. 1968-1971: L'OL en couleur!

Les sixties ont été les années lyonnaises. Trois finales de coupe de France en six ans pour deux victoires, l’OL est une équipe de coupe. L'Olympique Lyonnais a 18 ans en 1968, et comme tous les jeunes en 1968, il bouscule les idées reçues! Il fait même mieux, puisque nos gones lancent un pavé dans la marre de White Hart Lane, et éliminent les imbattables anglais de Tottenham! Mais l'OL garde ce caractère bien lyonnais, et fait sa révolution en douceur! A l'orée de la saison 68-69, Aimé Mignot, capitaine de l'équipe jusqu'en 1966, remplace Louis Hon à la tête du staff...

1. Chiesa, Lacombe, les jeunes font leur révolution.
La saison 68-69 est une année de transition! Mignot s'installe lentement, l'OL démarre doucement, malgré l’arrivée d'un vice-Champion du monde, le tchécoslovaque Jan Popluhar, finaliste de la coupe du monde en 1962. En fait, les lyonnais ne décolleront jamais cette saison, il faut dire que leurs ambitions prendront du plomb dans l'aile lors de l’envol, puisque Di Nallo se blesse le 22 septembre contre le Red Star, et reste indisponible pour le reste de la saison. Le parcours en coupe, n'est pas plus concluant, les gones sont sortis en huitième de finale contre Angers... La seule satisfaction de la saison est la performance d'André Guy qui termine meilleur buteur du championnat avec 25 buts! Ah oui, j'allais oublier ! Cette année-là on a gagné à Saint-Etienne grâce à un but de Lekkak. Et puis, un petit jeune, nommé Serge Chiesa choisit l'OL plutôt que les verts... Un signe!
La saison 69-70, n'est pas plus convaincante! L'OL termine 15ème du championnat et abandonne la coupe, une fois encore en huitième de finale... Mais ce dernier championnat de la décennie laisse tout de même auguré de beaux espoirs pour le club lyonnais. Les jeunes Lacombe et Chiesa entament leur carrière pro, et sous l'égide d'un Di Nallo tout neuf, ces deux-là apparaissent déjà comme les garants de l'avenir de l'OL. Le premier ouvre d’ailleurs son compteur but lors de sa première titularisation contre le Red Star en décembre 1969! On ne parlera pas des 0-6 et 7-1 subis contre les verts...

2. Quatrième finale en six ans.
En 1970-1971, les Beatles se séparent et... Rambert quitte l'OL, celui qui anima l'aile gauche du jeu lyonnais, reste l'une des incarnations de la réussite du club dans les années 60. Mais les stars Mario Coluna et Louba Mihajlovic viennent compenser ce départ. Le premier, portugais est un pilier de sa sélection et a tout gagné avec Benfica. Le second a joué la finale l'Euro en 68 avec la Yougoslavie. Mais les deux joueurs n'auront pas le même parcours, Coluna ne faisant que terminer sa carrière alors que Louba deviendra un prénom légendaire dans la capitale des Gaules. Cette saison, l'OL retrouve son premier amour! Comme d'habitude, ai-je envie de dire, quand l'OL s'éprend de la coupe, il délaisse le championnat (même s'il termine septième avec 21 buts de Di Nallo et 6 de Chiesa). Après Bourges et Louhans Cuiseaux, l’OL doit affronter Saint-Etienne en huitième de finale. Quadruple champion de France en titre, les verts sont les épouvantails de cette coupe de France. De plus ils restent sur 6 victoires de rangs contre les gones dont une victoire à Gerland le 28 mars 1971 en championnat. Le 6 avril, lors du match aller, les stéphanois l'emportent petitement deux à zéro. Les lyonnais sont donc loin d’être les favoris de se huitième retour à Gerland, la qualification reste du domaine du rêve. On n’imagine pas les lyonnais inscrire au moins deux buts sans en encaisser. « Impossible n’est pas lyonnais » et Di Nallo se charge à lui tout seul de renvoyer les foréziens à leurs études grâce aux "cinq buts dont deux refusés" du petit prince, et l'OL bat grandement son rival de toujours. Dunkerque en quart et Sochaux en demi ne résistent pas à l'OL. Les lyonnais retrouvent Colombes. Malheureusement, les Rennais sont plus réalistes et c'est l'ancien lyonnais... André Guy qui marque le pénalty décisif, celui qui offre au Stade Rennais la seconde coupe de de France de son histoire.

X. Une, deux et trois glorieuses.

L'OL a échoué en finale de coupe de France en 1971... Mais cette défaite fut pleine de promesses, qui ont pour noms Chiesa, Lacombe, Ravier, Domenech, bien entourées par les expérimentés Di Nallo et Chauveau. L'OL est sur une pente ascendante...

1. Les verts en hors-d’œuvre
La saison 71-72 est une saison sérieuse! Pour une fois l'OL ne néglige pas le championnat, dans lequel il finit 5ème. Bernard Lacombe est le meilleur buteur du club avec 19 buts, devançant de deux unités son aîné et idole Fleury Di Nallo. L'équipe se forge un esprit et les résultats deviennent plus réguliers. Ainsi le club se stabilise enfin et parvient, une fois n'est pas coutume à garder ses meilleurs éléments (Di Nallo, Chiesa, Lacombe) pourtant fortement sollicités par Saint-Étienne. Justement, Saint-Etienne, cette petite équipe de banlieue qui ne nous marquera pas un but lors de cette saison 71-72, l'OL humilie nos plus vieux ennemis à deux reprises (1-0 à Geoffroy Guichard et 2-0 à Gerland avec des buts de Di Nallo, Lacombe et Chiesa)... Bon présage pour l'avenir!

2. Ces lyonnais… contestataires !
Et c'est encore une fois en coupe (elle ne se lasse pas de l'OL) que les lyonnais vont s'illustrer brillamment. Le parcours en championnat est moyen, à plusieurs reprises l'OL est déstabilisé par des affaires externes. Ainsi l'atypique Serge Chiesa refuse de se rendre à un stage de l'équipe de France, préférant rester auprès de sa famille! Le joueur se retrouve au centre d'une polémique qui aboutira à la sanction de deux matchs de suspension... (On n'a pas fini d'en reparler). Puis en novembre 1972, contre l'avis du club, Chauveau, Prost, Di Nallo, Baeza, Chiesa, Ravier, Lhomme, Lacombe et Domenech se rendent à une réunion de l'UNFP (Union Nationale des Footballeurs Professionnels) lors de laquelle une majorité de joueurs français proteste contre le nouveau statut que veulent leur imposer les clubs. L'OL entame une procédure disciplinaire contre les contestataires. L'attitude du club lyonnais va entraîner un mouvement de solidarité de la part de tous leurs pairs. Le 3 décembre, les joueurs français font grève, lors de la dix-septième journée. Finalement, comme sanction, l'OL se contente de faire jouer les neuf en... D3.

3. Troisième coupe
Mais ces soubresauts n'empêcheront pas notre olympique d'aller, une fois de plus, au bout dans la plus belle des compétitions. Après Noeux-les-Mines (3-1) et le Racing Club de France (2-1), l'OL élimine les girondins de Bordeaux en huitième de finale. Au match aller, les gones ont survolé les débats (3-0). Au retour, l’OL s’en sort grâce à un but de Di Nallo (1-3). Au tour suivant, en quart, l'OL affronte le tenant du titre, l'OM. Lors de la première manche au Vélodrome, les gones ne s'inclinent que 1-0. A Gerland, il n'y a qu'un olympique et il est lyonnais. Après que Skoblar ait pété un plomb et donné un coup de poing à l'innocent Domenech, les marseillais sont réduits à 10 et vont subir une belle humiliation (4-1): Lacombe deux fois, Chiesa et Baeza). En Demi-finale, l'OL passe sans trop de difficultés Avignon, malgré une défaite 1-0 au match aller. Les Lyonnais retrouveront le FC Nantes en finale au Parc des Princes. Contre les champions nantais, l'OL prend le match... en mains! Trivic inscrit le premier but sur penalty. Puis Bernard Lacombe qui s'aide, légèrement de la mimine, inscrit le second but. Couecou, le nantais, lui, envoie un direct du droit pour réduire le score. Ces petits incidents n'influent pas sur le résultat final d'un match entièrement dominé par les lyonnais. La coupe s’invite à Lyon pour la troisième fois de son histoire. Et les très nombreux supporters qui sont venus accueillir les héros à Perrache ont raison d’acclamer tout particulièrement le trio Chiesa, Di Nallo, Lacombe auteurs à eux trois de 13 buts lors de cette campagne victorieuse. Nanard en a inscrit 8 à lui seul

Alors que les 30 glorieuses s’achèvent en France, l’OL remporte sa troisième coupe en 9 ans ! Mais personne ne sait encore que c’est la dernière…

XI. Un seul être vous manque... et tout est dépeuplé!

Reprenons notre belle histoire, celle d'un club, d'une équipe, d'un public. 1973, l'OL remporte sa troisième coupe de France, tout semble lui sourire!

1. Une première…
En 1973-1974, l'OL est engagé dans trois compétitions: La coupe des coupes, le championnat et SA coupe de France. L'OL parviendra-t-il à jouer sur trois tableaux? Malheureusement non! L'OL est sèchement éliminé en huitième de finale de coupe d'Europe par les Grecs du Paok Salonique. Après un match fou à l'aller (3-3), on perd la trace des lyonnais en Grèce, certains diront les avoir vus sombrer... 4-0! En coupe de France, l'OL est sorti en quart par Sochaux, après un parcours plutôt correct! En fait c'est en championnat que brillent les lyonnais! Leur jeu ultra offensif, emmené par messieurs Di Nallo, Lacombe et Chiesa, permet à l'OL d'empocher de nombreux points de bonus (un point de plus quand une équipe marque au moins 3 buts dans un match)! L'OL reste en tête plusieurs semaines de suite, avant de céder sa place à Saint-Etienne... et de finir troisième du championnat, le meilleur classement du club jusqu’alors. Cette saison 73-74 est une réussite. Même si l’OL ne remporte rien.

2. …une dernière.
La saison 74-75 est la copie conforme de la saison précédente ! L’OL finit troisième du championnat avec 48 points dont 5 de bonus et 64 buts marqués. En coupe de l’UEFA, l’OL est sorti par le grand Mönchengladbach de Simonsen [(0-1) (2-5)] malgré une ambiance de feu à Gerland. Puis les lyonnais abandonnent la Coupe de France en 32ème de finale face à Reims… Une bonne saison en championnat, l’OL s’approche doucement du titre. Mais l’événement de cette saison est sans conteste le départ de Fleury Di Nallo qui joue son dernier match à Gerland le 13 septembre 1974 contre le PSG, un match de légende. Les lyonnais sont menés 4-0 à la 65ème minute de jeu, mais deux buts de Lacombe, un de Mariot et un de Domenech permettent à l’OL de réaliser l’exploit de remonter quatre buts en 25 minutes… Chapeau les gones ! Mais ce match reste malheureusement le dernier de Di Nallo à Gerland, dans son jardin… qui restera pour toujours le royaume du petit prince. Fleury nous quitte, 14 ans après avoir débuté avec son club, dans son stade, dans sa ville. Deux cent vingt-deux buts, toutes compétitions confondues, trois coupes de France, et des matchs de légendes, à Hambourg, à White Hart Lane, … Si l’OL devait avoir un prénom, il s’appellerait Fleury… à tout jamais dans nos cœurs de gone ! Merci monsieur Di Nallo d’être né lyonnais.

En plein cœur des années 70, l’OL finit deux fois sur le podium, se rapprochant inexorablement du titre… Mais le visage du club nous a quittés. Fleury ne porte plus le maillot de l’OL, mais il reste lyonnais malgré tout….




XII. Pour une dernière...

Au milieu de la décennie 70, les lyonnais flirtent avec les sommets, vainqueurs de la coupe en 1973, et 3ème du championnat en 1974 et 1975... Mais voilà, Fleury n'est plus là! Le club se remettra-t-il du départ du petit prince?

1. Aimé puis... Aimé!
Outre Di Nallo, qui avait quitté le club au cours de la saison 74-75, Jean Baeza et Daniel Ravier, Yves Chauveau s'en va du côté du rocher de Monaco, le diable n'est plus lyonnais! L'équipe a tout de même fière allure avec les Chiesa, Lacombe, Domenech, Genet, Lhomme, Jacquet, Mariot et Valette. Cette équipe, toujours tournée vers l'offensive, peut nourrir de grandes ambitions avant de s'engager dans trois compétitions: la coupe UEFA, le championnat et la coupe de France. Aimé Mignot annonce même dans la presse locale que le titre est envisageable. Mais voilà, malgré un début tonitruant en championnat, les lyonnais s'effondrent doucement jusqu'aux profondeurs du classement et finissent la saison à la... 16ème place. Cette chute vertigineuse entraîne alors la démission d'Aimé Mignot. Ce dernier détient, encore aujourd'hui, le record de longévité à la tête de l'équipe lyonnaise, puisque après avoir joué pendant 12 ans (1955-1967) sous le maillot de l'OL, il a entraîné l'équipe durant 8 ans (1968-1976) et a gagné comme joueur puis comme technicien, 3 coupes de France. C'est Jacquet, l’autre Aimé, joueur de l'OL depuis 3 ans, qui le remplace. Jacquet, qui fit les beaux jours du voisin... avait signé à l'OL en 1973, le voilà à la tête d'un groupe au plus près de la relégation, et auquel, il ne reste que la coupe de France pour se consoler... Pour l’homme de Sail-sous-Couzan, c’est le début d’une carrière qui fera de lui l’entraîneur le plus titré du football français. L’Histoire retiendra que tout avait commencé à Lyon… L’OL se maintient dans une grande difficulté. Les gones assurent leur survie en D1 au terme de la dernière journée de Championnat, après une victoire 2-0 sur Troyes (Lacombe et Maneiro) ! Mais la constance dans l’irrégularité est LA caractéristique de l’OL depuis les années 50 ! Et tous savent que mauvaise saison en championnat rime avec exploit en coupe.

2. ...puis attendre!
En Coupe de l’UEFA, l’OL s’effondre sans gloire dès les seizièmes de finale de la compétition contre Bruges le futur finaliste de l’épreuve… Personne ne s’émeut mais personne n’imagine alors qu’il faudra patienter 15 ans pour retrouver l’OL en coupe d’Europe… En attendant, les lyonnais retrouvent la fraîcheur et l’envie en coupe de France.
Pour la dernière fois de son histoire l'OL va atteindre la finale de l'épreuve reine, celle de la coupe, celle de SA coupe! Après avoir battu Brest, Lille, le PSG et Metz, l'OL, l'unique olympique, doit affronter Marseille au Parc des Princes. Les pépins se multiplient… Mariot se blesse et sera indisponible puis Gilles de Rocco, le jeune successeur de Chauveau, est retenu tardivement par quelques sous-officiers peu concernés… service militaire oblige ! Mais les gones s'inclinent logiquement. Rocco, le plus jeune gardien de l'histoire à disputer une finale, fait un mauvais dégagement sur un centre tir de Noguès... 1-0 ! L’équipe lyonnaise et son portier sont effondrés. Le deuxième but marseillais de Boubacar, à 5 mn de la fin, ne change rien… Marseille enlève sa neuvième coupe ! L’OL attend encore la quatrième !

En ce mois de mai 1976, toute la France voit vert. Toute la France? Non! Une ville d'irréductibles gones continue de résister, mais qui pouvait alors imaginer que cette finale perdue serait la dernière soirée d'étreinte avec la coupe de France... Cela fait 28 ans que toute une ville attend que cela recommence.


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Jérémy
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MessageSujet: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:06

CHAPITRE 3: PLUS DURE EST LA CHUTE

XIII. A la croisée des chemins

Avec une nouvelle finale de coupe en 1976, l'OL continue sur le rythme d'une visite à Paris tous les trois ans... Cependant cette histoire semble bien répétitive pour un club à la recherche de régularité. Les dents de scie en championnat, un coup d'éclat en coupe tous les trois ans... Est-ce bien suffisant? Au crépuscule des années 70, l'OL est à la croisée des chemins, c'est le moment où son destin doit basculer! Mais de quel côté??

1. Hiver 77, l’OL se noie…
Le début de saison 76-77 fait naître l'espoir du côté de Gerland, l'OL est premier du classement après une victoire sur Nantes le 23 octobre (2-0 deux buts de Chiesa), et l'OL n'est qu'à un point des canaris à la trêve... Serait-ce l'année de l'OL! Malheureusement, et une fois de plus, l'OL ne passe pas l'hiver et quand nos artistes Chiesa et Lacombe éternuent, c'est toute l'équipe qui s'enrhume! L'OL finit le championnat à une honorable 6ème place, mais reste loin des espoirs nés en début de saison! Espoirs qui se sont noyés dans un Gerland inondé en mars 1977, quand les gones furent vaincus 2-0 par les verts sous des trombes d’eau… En coupe, l'OL disparaît en 32ème contre Gueugnon!

2. A vendre : Joueurs talentueux et indispensables.
La saison 77-78 est certainement une des pires de l'histoire du club! Eliminé encore une fois en 32ème de finale de la coupe de France, l'OL termine dix-septième du championnat, sauvé de la relégation grâce à un but de goal avérage. Mais plus dramatique encore, l'OL connaît une situation financière extrêmement délicate, qui l'oblige à vendre, que dis-je, à brader certains de ses meilleurs joueurs. L'emblématique Domenech est ainsi transférer à Strasbourg... La direction du club ne résiste pas à cette crise, en juillet 1977, Edouard Rochet, historique du club, démissionne, il est remplacé par Roger Michaux! Mais cette nouvelle direction ne tarde pas à se rendre très impopulaire... En effet, elle laisse partir Nanard de Gerland chez l’ennemi de toujours, chez les verts, alors que notre avant-centre brille dans la coupe du monde argentine! Nanard avec l'OL, c'est 113 buts en 226 matchs de championnat! Bravo, même si le voir en vert....

En ces années 76-80, l'OL est plein doute et tout le peuple lyonnais s'interroge sur l'avenir de notre club....

XIV. L'OL, aux portes de l'enfer!

Nos gones souffrent en cette fin des années 70! Dans tous les domaines, l'OL touche le fond. Nettement déficitaire sur le plan financier, le club est obligé de se séparer de ses meilleurs joueurs. L'emblématique capitaine Domenech s'en va vers d'autres cieux, en Alsace pour y connaître la consécration avec Strasbourg et y remporter un titre de champion de France. Puis Bernard Lacombe, alors en Argentine pour y battre des records avec l'équipe de France, signe chez l'ennemi et vend son âme au diable vert... Les résultats, eux, ne font que confirmer l’irrégularité et le manque de cohérence du club. Que de souffrances pour l’OL.



1. De l’espoir…
La saison 78-79 est tout d'abord marqué par l'arrivée d'un des grands espoirs du football français, le petit Jean Tigana, formé à Toulon et venu à l'OL pour y gagner des titres! Tout Lyon ne demande qu'à le croire... Mais la saison commence mal! L'OL ne gagne son premier match que lors de la cinquième journée contre Metz... Cependant avec les Chiesa, les Karim Maroc, les Xuereb, les Tigana, l'OL se reprend et termine à la septième place du championnat. Pour un club en convalescence, cette position reste honorable. Aimé Jacquet peut donc voir venir. La nouvelle génération, emmenée par un Serge Chiesa plus lyonnais que jamais, semble promise à un bel avenir. Le public de Gerland piaffe d’impatience.

2. ...A l’angoisse.
La déception que cette saison 79-80 sera à la hauteur des espoirs placée en cette équipe.
Durant tout l’exercice, l'OL flirte avec l'enfer... Chiesa et Tigana (néo-international) sauvent les meubles comme ils peuvent, mais notre club, dans les trois derniers dès la troisième journée, restera dans la zone de relégation durant toute la saison. L'OL encaisse 65 buts, et perd à 19 reprises! Nos gones sont éliminés par Angoulême en seizième de finale de la coupe de France... Décidément les temps changent. A la veille de la 33ème journée, celle du 18 avril 1980, l’OL et l’OM, avant de s’affronter à Gerland, partagent la dix-huitième place, celle du purgatoire, celle qui assure une place de barragiste, celle de l’espoir. Les deux olympiques ne sont séparés que par deux buts de goal average à la faveur des lyonnais. Ce jour-là, les 6000 spectateurs perdus dans l’immensité de Gerland, assistèrent à un des matchs les plus dramatiques de l’histoire du championnat de France. Apre, douloureux, tendu et angoissant, le match se joue sur un penalty d’Alain Olio suite à une faute de Trésor sur Lubin en début de match. L’OL l’emporte 1-0 et obtient un sursis, celui des barrages, qu’il devra remporter contre Avignon pour sauver une place en D1 vieille de 27 ans. Les lyonnais n’en font qu’une formalité, l’affaire est dans le sac dès le match aller, grâce à une écrasante victoire 6-0 sur les avignonnais.

Les gones s'en sortent mais pour combien de temps ? La chute semble irrémédiable… et Aimé Jacquet s'en va réussir à Bordeaux, laissant l'Olympique lyonnais dans l'incertitude de son destin.

XV. Le 9 septembre 1980.

Notre Olympique adoré est au bord du gouffre. Le club stagne depuis les années 1973-1974. A plusieurs reprises L’OL échappe à la relégation, se sauvant de justesse comme face à Marseille en mai 1980. Le club, au pied du mur, se doit de réagir! Mais comment? Ne l'oublions pas: Un Lyon ne meurt jamais!

1. Le feu d’artifices offensif
Qui pouvait imaginer, à la veille de cette saison 1980-1981, que l'OL allait offrir durant toute la saison le plus beau spectacle offensif de son histoire? Les Lyonnais vont inscrire pas moins de 70 buts! Tout commence avec un changement d'entraîneur, Aimé Jacquet parti vers les sommets à Bordeaux et... est remplacé par Jean-Pierre Destrumelle, ancien entraîneur de Valenciennes. Fleury Di Nallo, devenu directeur sportif, est en charge du recrutement. Débarquent aussi entre Rhône et Saône, Alain Moizan, Jean-Marc Furlan et Sima Nikolic, attaquant de pointe. C'est donc avec une équipe qui a fière allure que l’OL débute le championnat.
Et les promesses sont tenues! Lyon développe un jeu de haute facture, et marque, marque beaucoup de buts! 2ème à la trêve, l'OL finit à La 6ème place du classement définitif, véritable miracle pour ce club au bord de la D2 un an auparavant. Mais le véritable exploit est le nombre de buts inscrits: pas moins de 70 buts, ce qui constitue la meilleure attaque de la saison et la meilleure de l'histoire de l'OL. Puis le spectacle séduit les lyonnais, qui reviennent en masse à Gerland! Avec 22000 spectateurs de moyenne, l'OL est en 1981, le club qui attire le plus de monde en France, devant les verts et les parisiens!

2. Gerland entre dans l’Histoire
Mais le sommet de cette première saison des années 80 a lieu le mardi 9 septembre 1980. Ce jour-là, 48852 spectateurs payants assistent au derby contre Saint-Etienne. En fait, c'est plus de 55000 personnes qui se ruent sur Gerland.
Noël Aymard, speaker historique de l’OL, supplie les spectateurs de ne pas prendre de risques démesurés. En vain ! Des fous de l'OL grimpent sur les toits des tribunes, sur l'horloge, d’autres s’accroupissent sur le bord du terrain. Ce soir, tout Lyon voulut rentrer dans Gerland. La plupart des témoins qui m'ont raconté l'évènement, m'ont assuré qu'ils n'avaient rien vu du match, tant il y avait du monde... Y-a-t-il un autre endroit en France où on a déjà vu ça! NON! Il n'y a qu'à Lyon que les supporters montent sur le toit des tribunes pour voir un match de leurs idoles! Et ce soir-là, quand Xuéreb répond à Zimako, c'est tout un peuple qui explose dans un tumulte indescriptible! Une partie de la foule qui s’était massée sur la piste d’athlétisme envahit le terrain pour remercier Mr XU.

En réponse aux critique et aux sarcasmes, l’OL et son peuple de supporter répondent de la plus belle des manières ! En 1980-1981, l’Olympique Lyonnais n’est peut-être pas champion de France, mais il est bien champion du jeu, et ses supporters sont bien les premiers, au classement de la ferveur. Cette saison est une véritable réussite… Un chant du cygne ?

XVI. Descente aux enfers

En 1980-1981, les lyonnais offrent à leur public, une très belle saison! Riche en buts et en évènements, ponctuée par une sixième place, presque inespérée. Dans les travées du vieux stade Gerland, l'espoir renaît. Des supporters aux dirigeants, toutes les composantes du club sont subitement réveillées par un fol espoir, celui, enfin, d'installer l'OL dans la stabilité... alors espoir?
Malheureusement, le club retombe dans ces travers, les luttes de pouvoir en coulisse reprennent et rendent le club vulnérable d'un point de vue financier et surtout sportif! L'intersaison est un vrai chamboulement! Tigana, Muller, Xuereb et Desbouillons quittent le Lyonnais, alors que Topalovic, Boissier, Emon et Gianetta arrivent. L'espoir fait vivre, et les joueurs font vivre cet espoir pendant 4 journées ou autant de succès qui font de l'OL, à l'aube du mois de septembre, un surprenant leader... Le 4 septembre 1981, les lyonnais sont premiers du championnat, le 3 juin 1983 l'OL tombe à Auxerre... et descend en enfer! En 18 mois l'OL va connaître une chute vertigineuse en 4 actes, dont il mettra 6 ans à se remettre.

1. Première acte: Coups de poignard à Bordeaux et Saint-Etienne!
Début septembre, l'OL se déplace en Gironde où un Bordeaux au goût de Beaujolais va donner à nos gones une sacrée gueule de bois. C'est ainsi que, dirigés par Aimé Jacquet et emmenés par Tigana et Lacombe, les girondins infligent une sévère défaite, 3-0 aux lyonnais! Bordeaux est lancé, il est parti pour dominer le football français pour les dix ans à venir... Cruelle injustice! 15 jours plus tard, nos gones s'en vont faire une ballade en campagne, chez nos chers voisins stéphanois! Or l'excursion se transforme rapidement en parcours du combattant et en promenade meurtrière. Les verts nous humilient 4-0, les lyonnais ne s'en remettront jamais!

2. Deuxième acte: Jeu des chaises musicales à Gerland!
Pour des raisons obscures et pas vraiment glorieuses, les dirigeants lyonnais se livrent à des luttes d'influence! Le club connaît une véritable période de turbulences entre janvier 1981 et juin 1983, pas moins de 4 présidents vont se succéder à la tête du club: Roger Michaux, Jean Perrot, Raymond Ravet et Charles Mighirian. Du côté des entraîneurs, trois hommes se succèdent durant la même période: J-P Destrumelle, Vlademir Kovacevic et... Robert Herbin. De plus, certains joueurs commencent à critiquer leurs co-équipiers dans la presse!

3. Troisième acte: Le chant du cygne...
L'OL est au plus bas, c'est son existence qui est menacée. Ils sont tout de même entre 10 et 15000 à se rendre régulièrement à Gerland pour encourager les leurs et y croire, malgré tout! Pour le récompenser de cette fidélité, les joueurs vont offrir à leur public, la plus belle des victoires, celle d'un derby! Le 3 septembre 1982, Nicolic et Domergue répondent à Rep et devant 30000 personnes ravies, les lyonnais remportent leur première victoire sur les verts depuis 1978!

4. Dernier acte: La mise à mort!
Elle commence dans le froid hiver lyonnais, en décembre 1982, quand Rouen, modeste 19ème inflige un cruel 4-0 à l'OL sur ses terres! Malgré l'arrivée de Robert Herbin (on aura vraiment tout vu), l'OL sombre doucement mais sûrement. Huit défaites plus tard, l'OL se rend à Auxerre, à la 19ème place! La défaite est synonyme de descente, et le miracle n'a pas lieu, les Bourguignons battent l'OL 3-1 en ce 3 juin 1983, l'un des jours les plus tristes de de l'Histoire de l'OL!

Ironie du sort, empêtré dans des affaires judiciaires, les verts nous accompagnent en D2, 10 ans après que les deux clubs aient remporté respectivement le championnat et la coupe de France, les temps changent! A Lyon, ceux qui, parmi les supporters, ont connu ces heures difficiles peuvent témoigner de la tristesse qui accompagnait cette descente...
Cette relégation met fin à un bail de 29 ans de l'OL en première division! C'est donc un monument du football français qui se trouve dans la peine! Mais l'OL doit se tourner vers son avenir, le club va devoir révéler le défi le plus délicat de son histoire: Remonter en D1....
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:18

CHAPITRE 4: L'OL EN ENFER

XVII. L'OL touche le fond!

Vingt-huit ans après, l'OL retrouve la division 2. L'objectif des dirigeants, est d'y rester le moins longtemps possible! Le club de la seconde agglomération de France n'a rien à faire dans l'anonymat d'une division inférieure. Mais les problèmes se multiplient, les caisses sont vides, les sponsors ne se bousculent pas, et l'emblématique Serge Chiesa quitte le club!

1. La saison 83-84 : Une illusion de surface.
Lors de cette saison 83-84, l'OL connaît une certaine réussite, et avec un système assez défensif, concocté par le flegmatique Robert Herbin, l'OL parvient à se hisser, dès le début de saison, au rang de candidat à la remontée! C'est avec une équipe en grande partie renouvelée que l'OL subit les affres de la seconde division! Chiesa, après 14 ans de bons et loyaux services, 476 matchs de championnat et 120 buts, quitte le club, poussé vers la sortie par les dirigeants, Mighirian le premier, qui refusent de lui offrir un nouveau contrat! L'idole de Gerland s'en va et signe à Orléans, où il fera encore merveille deux ans durant! Ce sont donc les Ferri, Nikolic, N'Dioro, Frechet, Fournier, Nono, Olio... qui ont la charge de faire remonter l'OL parmi l'élite! Le pari est presque réussi! A défaut de qualité, le jeu lyonnais est efficace et permet d'engranger de nombreux points, en particulier à l'extérieur. Cependant, cette année-là, l'OL a un concurrent de taille pour la remontée, il doit affronter l'Olympique de Marseille! Malheureusement ce dernier prend le dessus dans les dernières journées en venant s'imposer à Gerland devant 35000 spectateurs par un but à zéro! L'OL finit 3ème de son groupe, et obtient donc le droit de disputer les barrages face au Racing Paris de Lagardère! Commence alors une véritable fâcherie entre le club lyonnais et cet exercice que sont les barrages… Les lyonnais s'inclinent trois buts à un.

2. SOS d’un club en perdition
Forts de leur bonne saison écoulée, les lyonnais entament la saison 84-85 avec la ferme intention de recouvrer sa place au plus vite, c'est à dire la D1! Les dirigeants soutiennent financièrement ce projet, et l'OL fait venir les "stars" stéphanoises Larios et Lacuesta... Les "vieilles gloires d'à côté » et les jeunes de chez nous, voilà le mélange magique qui doit faire le bonheur des lyonnais! Mais c'est trop beau pour être vrai, et le fol espoir devient vite un véritable chemin de croix! Herbin s'isole et soutient, coûte que coûte Larios et Lacuesta au détriment de la jeune garde lyonnaise! La confiance est rompue et l'OL plonge dans un véritable cauchemar! La crise atteint son paroxysme le dimanche 24 février à 18h00! L'OL, devant 30000 personnes, vient de s’effondrer lors du derby... Il perd 5 buts à 1! L'OL est alors 15ème de son groupe à deux points seulement du premier relégable... en division 3! Ce jour-là, l'OL touche le fond! Jamais dans son histoire, il s'est retrouvé aussi bas et aussi loin, c'était il y a 20 ans! Mais le club va trouver en André Ferri, son capitaine, un véritable sauveur. En mars, Charles Mighirian, décide d’en faire l'adjoint d'Herbin! Officiellement, Herbin a encore le leadership, mais dans les faits, c'est bien Ferri qui est aux commandes. Cette décision est salvatrice, l'OL ne perd aucun de ses sept derniers matchs et finit la saison à la 7ème place du classement... Mais c'est tout Lyon qui a tremblé!

L'OL vient ainsi de connaître la saison la plus difficile de son histoire... et se réjouit finalement de finir 7éme de... D2! Que les temps sont durs!

XVIII. Maudits barrages

Les cauchemars stéphanois de l’OL envolés (Herbin en Arabie Saoudite, Larios et Lacuesta partis également), les lyonnais peuvent espérer de nouveau accéder à la première division. Charles Mighirian confit alors les clés de l’équipe à un ancien joueur du club : Robert Nouzaret. Nouvel entraîneur : nouveaux principes et nouvelles méthodes. Fini les transferts farfelus à la Larios ou la Lacuesta, l’OL veut désormais s’appuyer sur la jeunesse, la formation et la rigueur financière.

1. Chassez le naturel…
Se contentant de peu, en tout cas de ce qu’il y a, c’est à dire pas grand-chose, Nouzaret fait des miracles. Tout en lançant les jeunes Génésio, Garde, Durix et Nono, il permet à l’OL après une saison sérieuse et régulière de terminer à troisième place de son groupe, derrière Saint-Etienne et Alès. Troisième place qui offre aux lyonnais le droit de disputer les pré-barrages contre Mulhouse. Malheureusement ils sont battus, et doivent poursuivre leur chemin de croix en division 2 ! Mais cette saison 85-86 a redonné espoir à tout un club. Les dirigeants, rassurés par une situation financière assainie, recrutent de nouveau ! Mais plus question de tomber dans les dérives « herbinniennes » ! Nouzaret veut construire une équipe solide et équilibrée. En défense, on notera les arrivées de Bajeot, Havet et Robin, N’Damba vient renforcer le milieu de terrain et en attaque Orts, Priou et l’allemand Remark complète un effectif offensif jusqu’alors limité.

2. …il revient à Lyon en galopant !
C’est donc fort de cette confiance retrouvée et de cet impressionnant recrutement que l’OL entame sa quatrième saison de suite en D2 ! Mais l’OL, en cet été 86, retombe dans ses travers et cette irrégularité chronique ! Trois victoires, trois défaites, tel est le bilan en septembre 86. Ce sont des changements internes qui vont remettre le club sur les rails. André Ferri, le héros de la saison 84-85, cède sa place de libero au jeune Fugier, et surtout Topalovic s’efface devant Christophe Breton ! Cette révolution, qui met sur la touche les deux tauliers de l’équipe, est salvatrice et l’OL repart en conquête. Puissants offensivement et solides derrière, les lyonnais ne sont qu’à deux points du leader montpelliérain à la veille de la dernière journée et avant d’affronter justement le club de Louis Nicolin. Mais les hommes de la Paillade sont trop forts et ballaient les lyonnais 3-1. Tout espoir n’est pas perdu, il reste encore les barrages, les troisièmes en 4 ans de D2. Une fois encore les lyonnais doivent affronter, en pré-barrage, le Mulhouse de Raymond Domenech. Les gones ne laissent pas passer cette chance, et au terme d’un match fou (4-3) l’OL obtient son ticket pour les barrages qui l’opposeront à l’AS Cannes. Ils sont battus 1-0 à l’aller dans des conditions exécrables. Au match retour, Gerland est chaud bouillant et explose quand Priou ouvre la marque. Mais le signe indien continue et semble à son aise dans notre bonne vieille ville de Lyon, les cannois égalisent et privent notre club d’une remontée en D1… Vous avez dit « maudits »….

L’OL vient d’échouer pour la troisième fois en quatre ans lors des barrages. Le club s’installe, doucement mais sûrement, en division 2. Alors que Bordeaux rayonne, que Toulouse sort le Napoli de Maradona, que Marseille se reconstruit et que les verts sont guéris… L’Olympique Lyonnais déprime et vit avec douleur cette malédiction … Alors que tout semble noir, on commence à parler, autour de Gerland et dans les rédactions lyonnaises, d’un certain Jean-Michel Aulas…

XIX. OL, Aulas, Alès...

Nos gones sont englués en D2 depuis maintenant 4 ans. Rejeté régulièrement de l'élite par ces maudits et cruels barrages. L'OL serait-il condamné à végéter au purgatoire? A Lyon, beaucoup commence à le penser... et la déprime s'installe. Mais un homme, venu de nul part dans le monde du football, va pourtant transformer, en moins de 20 ans, ce club déficitaire, anonyme et irrégulier, en un cador européen. 1987, les années Aulas peuvent commencer.

1. Quand Aulas rencontre l’OL...
Ce jeune industriel lyonnais de 37 ans entre au club des 100 en mai 1987 sur la proposition du président Mighirian, ce dernier ignore alors qu'il vient d'inviter son successeur. En fait, Aulas a été conseillé et poussé, indirectement, par Bernard Tapie, qui avait confié à des journalistes du Progrès que Jean-Michel Aulas était l'homme de la situation pour l'OL! Aulas est ambitieux, il met en place le plan Europe qui doit mener l’Olympique Lyonnais en coupe d’Europe dans les cinq années à venir… Il faut bien admettre que peu le suivent et que beaucoup doutent !
Les débuts de JMA semblent donner raison aux plus sceptiques. Malgré le recrutement spectaculaire de Corian, Zago et Kabongo… Les résultats, et surtout, l’homogénéité du club ne répondent pas immédiatement à l’attente crée par l’arrivée d’Aulas. En fait des luttes internes opposent, au sein des joueurs, les pros et les antis Nouzaret, ce dernier étant dans le collimateur du nouveau patron. Ce cafouillage atteint son paroxysme un soir d’août 1987 quand Orts, Priou et Kabongo en viennent aux mains après une défaite 1-7 contre Sochaux… l’OL est alors déchiré entre un président ambitieux et un entraîneur méfiant jusqu’à une défaite rédhibitoire à Orléans (3-0) et la démission de Nouzaret ! Jean-Michel Aulas n’a alors qu’une idée en tête : confier les clés de l’équipe à Raymond Domenech qui officie à Mulhouse. Cependant, ce dernier doit honorer son contrat jusqu’en juin 1988. Le président lyonnais fait donc appel à deux entraîneurs en moins de six mois : Denis Papas et Marcel Le Borgne se succèdent à la tête d’une équipe qui parvient tout de même à arracher la deuxième place de son groupe derrière l’incontrôlable et talentueux Sochaux ! Une fois de plus (la quatrième en 5 ans) l’OL s’engage donc dans les barrages. Après avoir sorti du chemin de la D1 le Mulhouse de… Domenech, les lyonnais doivent s’incliner de justesse contre Caen, et subir encore et encore cette malédiction qui les poursuit depuis 5 ans….

2. L’OL en rouge, en bleu et en D1.
Mais ce n’est que partie remise. Entouré de Bernard Lacombe et de Raymond Domenech, de retour, tous les deux dans le club de leurs cœurs, Jean Michel Aulas se lance à corps perdu dans ce fantastique défi, la remontée en D1. Pour cela il se donne les moyens, et fort d’un budget de 40 millions de francs, il recrute, de manière intelligente, Jacky Colin, Ali Bouafia, Knapp, Lassagne et l’argentin Claudio Garcia. Ces joueurs solides et talentueux entourent donc une bande de jeunes sortie du centre de formation : Les Garde, les Génésio, les N’Gotty…ceux qui vont devenir les symboles d’une génération. Ajoutez à cela un Kabongo au sommet de son art, et vous obtenez un OL ambitieux, et en pleine réussite ! Les lyonnais perdent peu, gagnent presque tout, encaissent rarement des buts et en marquent énormément ! Résultat : L’OL atteint les huitièmes de finale de la coupe de France et surtout qui tient tête à une très belle équipe de Sochaux (0-1, 1-1) avec un Gerland comble lors du match retour : Pas moins de 46000 personnes. En championnat il distance facilement ces principaux concurrents Nîmes et Le Havre, et se retrouvent, à six journées de la fin, en position d’obtenir son ticket pour une accession directe en D1. Pour cela, il doit obtenir un point, un tout petit point contre Alès à Gerland… Et notre olympique va vivre l’une des plus belles soirées de son histoire, pour ne pas dire la plus belle. Gerland chavirant de bonheur, une Ola historique, un but de Colin d’anthologie, les flots de champagne mêlés aux larmes de joie, c’est tout Lyon qui explose en cette soirée d’avril 1989 ! Que dire de plus ! Cet événement ne se raconte pas, il se vit, ceux qui étaient à Gerland ce soir-là doivent pouvoir comprendre…

L’OL a donc atteint son but, revenir en D1, et ce après une décennie de souffrances… La fête et l’allégresse accompagnent ce qui reste dans l’histoire du club comme un tournant. Les bases du succès d’aujourd’hui ont été bâties lors de ces deux années 1987-1989. Vingt ans plus tard, nous retrouvons les mêmes acteurs : Aulas, Lacombe, Garde, les Bad Gones… comme les artisans d’une renaissance.
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:19

CHAPITRE 5: LA RENAISSANCE

XX. A l'heure européenne.

Quand l’OL retrouve la première division après ses 6 années de purgatoire, le football français a bien changé. Les Bleus sont devenus champions d’Europe, et ont brillé lors des deux dernières coupes du monde. Saint-Etienne est retourné sa place, c’est à dire dans l’anonymat. Bez et Tapie ont fait de Bordeaux et de Marseille les deux grands du championnat et affichent fièrement leurs ambitions européennes. Enfin Canal plus a définitivement fait basculer le ballon rond dans le monde du show-biz et du fric. Alors dans ce contexte qui se soucie de nos petits gones, qui arrivent dans l’élite, il faut bien le dire, sur la pointe de leurs crampons.

1. Revenir sur la pointe des pieds…
La remontée assurée, l’objectif du club est clair : Se maintenir et retrouver l’Europe au plus vite. Pour cela les trois mousquetaires Aulas, Domenech et Lacombe s’appuient sur un groupe jeune, sortis du centre de formation et fiers de porter les couleurs du club. Quelques anciens entourent la jeune garde : Garcia, Kabongo et Colin. L’OL se renforce en défense avec l’arrivée de Mick McCarthy, capitaine de la sélection irlandaise et en attaque avec François Brisson, ancien champion olympique 1984. L’OL ne veut pas faire de bruit et souhaite réussir son retour avec discrétion…. Raté ! Après un quart d’heure de jeu en D1, nos lyonnais sont déjà menés 3-0 à Gerland. Devant 30000 personnes, dont 10000 marseillais, l’OM déroule et manifeste toute sa force ! Génésio sauvera bien l’honneur mais l’OL s’inclinera finalement 4-1 ! Après la rencontre et les quelques vitrines brisées, ils sont rares ceux qui osent parier sur les chances de l’OL en D1… Le fossé semble si grand à combler ! Cependant, avec sérieux, fierté et combativité l’OL intègre la première partie du classement et finit à une honorable 8ème place. Il s’offre même quelques coups dont nous avons tous le souvenir… Rappelez-vous : Les deux victoires à Paris contre le PSG et le Racing, la passe à dix contre Bordeaux et que dire de cette victoire au vélodrome lors de la dernière journée : Radio Blanchard : But d’Eugène Kabongo !
Juste pour gâcher la fête au Vélodrome ! Que du bonheur !

2. …et chanter pour l’Europe !
Forts d’un maintien glané avec brio lors de la saison 89-90, les lyonnais reprennent confiance en leur club ! JMA veut enfoncer le clou et surtout ne pas retomber dans l’irrégularité chronique des années 70. Pendant l’été 90, il recrute Aziz Bouderbala, Gilles Rousset et surtout Roberto Cabanas pour un transfert record de 15 millions de francs. L’équipe répond aux attentes qui ont été placées en elles, même si la recrue vedette n’est pas toujours fringante… En attendant, l’OL flirte avec les places européennes toute la saison, et malgré un petit creux au cœur de l’hiver (Ce 7-0 à Marseille…), les lyonnais sont idéalement placés à la veille de la dernière journée pour accéder au sésame : L’Europe. Pour cela ils doivent battre un Bordeaux qui n’est plus l’ombre de lui-même ! Nous sommes le 24 mai 1991, Gerland est comble et 45000 personnes sont prêtes à succomber à l’ivresse de la victoire. La ola, les petits ballons rouges et bleus, 76ème minute de jeu, Cabanas, une passe en profondeur et Bouderbala s’en va tromper Joseph-Antoine Bell !! Les douze étoiles européennes resplendissent au cœur du virage Nord et Gerland chavire de bonheur ! Mais cette place en coupe UEFA fut conquise dans la douleur ! L’arbitre a du se cacher les yeux pour ne pas voir la main de Rémi Garde dans la surface de Rousset sur cette balle piquée de Gudjohnsen. Et que dire de Ben Mabrouk qui pète un plomb face à ses futurs coéquipiers quand il agresse violemment l’innocent Cabanas… Le volcan Claude Bez est en fusion : « Mais franchement c’était se foutre de nous ». Mais rien n’y fera. Le bilan de la saison est très positif. Le plan Europe du président Aulas tient ses promesses : l’OL, 18 ans après, retrouve l’Europe et la cour des grands et s’offre pour ces 40 ans le plus beau des cadeaux : une victoire à Guichard sur un but fantastique de… Kastendeutch !

En quatre années de présidence, Aulas a transformé un OL bien installé en deuxième division en un des meilleurs clubs de l’hexagone. Mais n’oublions pas l’adage de Platini, footballeur parmi les philosophes : « En football, le plus dur n’est pas d’être bon, mais bien de le rester »…

XXI. 1991-1993, la peur au ventre...

En 1987, quand JMA prend le club en mains, quand il présente son projet "Europe", l'OL végète en D2, et beaucoup ne croit pas, et même rient, des desseins du nouveau président lyonnais. Quatre ans plus tard, aux termes d'une remontée que plus personne n'espérait, et après deux saisons plus que correctes en D1, les olympiens se qualifient pour une coupe européenne, 17 ans après...

1. Deux saisons à oublier...
Pour cette saison 91-92, l'ol espère gravir encore les marches de son irrésistible ascension! Malheureusement, et ce malgré les arrivées de Milos Bursac, de Fernandez-Leal et d'Ali Ben Mabrouk, les lyonnais ne parviendront jamais à décoller, et stagneront dans une inquiétante deuxième partie de classement pendant toute la saison. C'est une fois de plus Aziz Bouderbala qui sauve l'OL. Dans un Gerland comble mais le virage Sud fermé, le marocain inscrit le but de la victoire contre Auxerre, lors de l'avant dernière journée de la saison... L'OL finit seizième à deux points du premier relégable. Sueurs froides…
La saison suivante, l'OL veut reprendre une dynamique positive et fournit un gros effort de recrutement! Les Cabanas, les Bourdeballa et les Ben Mabrouk s'en vont! Arrivent les Gava, Delamontagne et Debbah. Les joueurs changent mais les carences persistent. Les résultats ne décollent pas, et l'OL termine la saison à une décevante 14ème place. Au terme de cette période difficile, durant laquelle les relations Domenech-Lacombe se sont considérablement détériorées, Jean-Michel Aulas souhaite tourner la page et donner un nouveau souffle à l'OL. Domenech quitte un club qui attend Tigana comme le messie.

2. ... ponctuées d'évènements mémorables!
Mais ne laissons pas ses deux saisons, qui nous semblent tristes et bien ternes, au ban de l'histoire de l'OL. Non, car elles méritent qu'on s'y attarde un peu plus, car la tristesse ambiante fut ponctuée de vrais exploits et d'événements peu ordinaires. L'OL a tout de même joué son premier match européen depuis 17 ans! A l'automne 91, les lyonnais retrouvent au premier tour de la C3 les modestes suédois d'Oster Vaxjo. 1-0 à l'aller et 1-1 au retour grâce une égalisation salvatrice de Stéphane Roche... Mais le plus beau reste à venir! Au second tour, l'OL retrouve Trabzonspor, club turc inconnu en France, et malgré l'élimination, cette double confrontation reste un souvenir inoubliable. Au match aller Gerland est envahi par 15000 turcs, ce soir-là il y avait...25000 spectateurs, autant dire que les gones jouent à l'extérieur. Le match est fou ! L'OL réussit l’exploit de marqué 3 buts en un match -ce sera l’unique fois de la saison- avec notamment un but exceptionnel de Fernandez-Leal, sur une passe décisive, non moins exceptionnelle, de Milos Bursac. Malheureusement Rousset est battu à 4 reprises. Score finale : 4-3 pour l’équipe de Trabzon... . Le match retour est encore plus épique! A 10H30 du matin, l'OL perd 4-1, cette fois-ci vraiment à l'extérieur. Autre rayon soleil, dans ce ciel bien nuageux, la victoire 2-1 à Geoffroy-Guichard grâce à Remi Garde et Milos Bursac, encore lui! C'est toujours bon à prendre…

L'OL, sans le savoir, vient de connaître les deux derrières "mauvaises" saisons de son histoire. La saison 93-94 commence avec l'arrivée d'un ancien à la tête de l'équipe: Jean Tigana.


XXII. Tigana, le précurseur.

L'OL a connu deux saisons bien difficiles en 1991-1992 et 1992-1993. Notre olympique, sous la direction de Raymond Domenech, n'a pu faire mieux qu'une qualification européenne, ce qui est déjà un bon bilan pour un club qui ne retrouve la D1 que depuis 4 ans... Cependant JMA ne veut pas en rester là, et se refuse à abandonner ses rêves de gloires et de titres. Pour atteindre ses objectifs, il décide de faire appel à un autre ancien gone, un membre du carré magique de la grande équipe de France: Jean Tigana.

1. Juin-Juillet 1993: Trois stars à l'OL ou l'axe Lyon-Marseille.
Dès sa nomination, Tigana veut marquer son nouveau club de son empreinte. Dans les jours qui suivent trois joueurs du grand OM signent à Lyon. Amoros qui a connu le "drame" de Bari, Olmeta, écarté par Barthez et surtout Abédi Pelé un des grands acteurs de la réussite marseillaise. Tout Lyon se prend à rêver d'un destin européen orné de victoires. Le jour de la signature de Pelé, ce ne sont pas moins de 1000 supporters qui s'abonnent, pour atteindre finalement le nombre total de 8000 "cartés", un record pour l'OL... Indéniablement cette politique de recrutement permet aux lyonnais de faire mieux que les deux saisons précédentes. Mais cette huitième place est finalement une déception au regard des investissements consentis par le club. Déception comme le passage d'Abédi Pelé, aussi insipide que son aventure marseillaise avait été talentueuse. On n'oubliera pas cette magnifique reprise de volée marquée à Strasbourg et qui est restée comme le plus beau but de la saison 1993-1994.

2. La saison 1994-1995... comme la plus belle.
Tigana a compris ses erreurs. Certes l'OL doit posséder des joueurs d'expérience et de niveau européen mais il doit aussi s'appuyer sur une jeune garde convaincue et motivée sortie du centre de formation, guidée et grandie par l'excellent José Broissart. Pelé part, Sassus et Paille arrivent alors que les Maurice, Laville et Giuly pointent le bout de leur nez. Le cocktail est détonnant et l'OL fait des ravages. Jeu séduisant, tourné vers l'offensif, efficacité défensive et spectacle garanti, l'OL est le grand animateur de la saison 1994-1995 avec le FC Nantes... encore plus irrésistible. Les nantais finissent avec 10 points d'avance sur les lyonnais, qui, avec cette seconde place, terminent le championnat au meilleur niveau de leur histoire.

3. Rome: L'exploit éternel.
Alors que l'OL n'a jamais été aussi fort sur le plan des résultats, alors que tout le monde croit que l'OL a enfin pris le bon wagon, Tigana ne s'entend plus avec Lacombe et Aulas, et retourne dans ses vignes. Dans la continuité de Tigana, JMA confie l'équipe a son adjoint : Guy Stéphan. Le début de saison est difficile et l'OL retrouve l'incertitude des heures sombres. Mais un exploit va venir égayer la décennie lyonnaise, un exploit éternel: Vaincre à Rome, quel beau clin d'œil de l'histoire pour Lugdumum, la plus romaine des villes françaises. Rappelez-vous: Boksic, Casiraghi, Winter, Fuser, Di Matteo, Nesta, Chamot, Signori... le gratin du foot mondial se présente à Gerland contre une équipe lyonnaise courageuse, sûre de ses valeurs et sans complexe. Résultat, l'OL l'emporte 2-1 dans une ambiance de folie quand Devaux et Deplace et répondent à Winter. Mais le plus beau reste à venir, c'est bien ce 16ème de finale retour de la coupe UEFA qui restera à jamais dans l'histoire. "On va les exploser" dixit Winter à propos des lyonnais. Il faut dire que les Romains ont de quoi être confiants et nous inquiets, puisque le dimanche précédent, toute l'Europe a assisté, médusée, à la correction que les Romains ont infligé à la grande Juventus... 4-0. Mais nos gones ne se démontent pas et tout Lyon explose quant à la 22ème minute de jeu, Giuly réceptionne un long dégagement d'Olméta et lance Maurice dans le trou, ce dernier s'en allant inscrire le but de la gloire. Mais encore mieux, les romains héritent d'un penalty que Signori est incapable de transformer à la grande satisfaction d'un Olméta aux anges. Même Platini, le vert, qui commente le match, et qui, empli d'un sentiment de revanche au nom de la Juventus, jubile quand Assadourian inscrit le second but lyonnais.... Au retour de sa promenade dans Rome, l’OL reçoit un étrange fax : Il s’agit d’un message de félicitation des supporters de la Roma !

L'OL vient de réaliser le plus bel exploit de son histoire depuis Hambourg... mais pour quels lendemains?

XXIII. De Rome à Milan (1995-1997)

A Rome, en novembre 1995, les lyonnais réalisent donc l'un des plus beaux exploits de l’histoire de l’OL, savouré pleinement par tous les gones mais aussi par tous les fans de la Roma. Guy Stéphan, l'homme qui a succédé à Tigana, a la lourde de tâche de confirmer cet exploit en obtenant une place en coupe d’Europe pour la saison 96-97, peu importe la manière, seul compte le résultat. Jean-Michel Aulas, à l'aube de ses 10 ans au club met son départ dans la balance.

1. Les larmes du Parc.
Distancé rapidement en championnat, l'OL ne peut espérer une place européenne, que par le seul moyen de gagner une des coupes nationales. Et c'est vrai qu'à Lyon, on attend, depuis 1976, de retrouver le charme de la coupe. Et c'est la coupe de la ligue, certes moins prestigieuse, qui va offrir aux lyonnais l'occasion de revivre son prestigieux passé. Lors des deux premiers tours l'OL sort facilement Angers (3-0) et Amiens (3-1). Puis Monaco, en quart (1-0) et Cannes en demi-finale (1-0) ne résistent pas à la l'envie des gones de monter à Paris, pour une finale, jamais atteinte depuis 20 ans. C'est ainsi que l'OL retrouve le FC Metz au Parc des Princes le 6 avril 1996. Ce même FC Metz, qui 12 mois auparavant, nous avait presque privé de notre premier titre de champion pour une histoire de balai à neige. Rien ni personne ne pourra arrêter Lyon... rien, personne? Et bien si, un simple coup de sifflet de M. Batta va basculer tout le peuple lyonnais dans un fort sentiment de tristesse et d'injustice. Après 90mn de jeu dominées par les lyonnais, les deux équipes entament donc des prolongations qui auraient dû s'avérer fatales pour les hommes de Carlo Molinari. A la 119ème minute de jeu, Eric Roy s'enfonce dans l'axe, en force, et marque... Mais M. Batta juge (à tort) que notre Eric a usé d’un pied l'air et refuse le but de la victoire à l'OL. Enervés et déçus par cette injustice, les lyonnais passent à côté de la séance des tirs au but. Stéphane Roche et l'irréprochable Marcelo ratent leur tentative! La coupe de la ligue, la malheureuse, s'en va passer par la Lorraine... Personne, à Lyon, n'oubliera...

2. "Joyeux Noël" de la part d'Olméta.
L'OL se replie alors sur ses valeurs et les forces vives du club. Maurice et Giuly restent et surtout l'enfant prodigue est de retour, Alain Cavéglia revient dans son club, dans sa ville! Et comme Ninel, Di Nallo et Chiesa en leurs temps, celui qui deviendra Cavégoal, incarnera à lui seul la réussite olympienne. Cependant les débuts de la saison 96-97 sont difficiles pour Cavéglia et ses partenaires. L'OL ne décolle pas et subit l'ultime humiliation un soir d'octobre 1996 à Auxerre quand les bourguignons nous infligent un 7-0, terrible. Guy Stéphan, contesté par une partie des joueurs, doit céder sa place à Bernard Lacombe. La situation du club est délicate, les supporters sont à "fleurs de peau". Lors de sa première séance d'entraînement, Lacombe est quelque peu sifflé. L'ancien avant-centre des bleus parvient tout de même à rétablir la situation sportive, en remportant 2 de ses 3 premiers matchs. Mais les ennuis ne vont pas s'arrêter là et l'OL va se muer, le temps de la trêve hivernale, en FC Hollywood. Le 17 décembre 1996, l'OL accueille le FC Nantes (qui compte dans ses rangs un jeune joueur de 23 ans qui fera ses grands débuts à Gerland: Eric Carrière) qui s'impose 1-0, mais le score est anecdotique. A l'issue de la rencontre Olméta assène un violent coup de poing à son co-équipier Sassus. L'OL touche le fond et Olmeta quitte le club. Malgré les contestations des supporters, c'est le stéphanois Coupet qui remplace l'icône de Gerland, non sans mal (du moins dans un premier temps : Il encaisse 10 buts lors des trois premiers matchs). La saison ne se termine finalement pas trop mal: L'OL finit à la huitième place (qualificative pour la coupe d'Europe), les gones explosent Marseille 8-0 (7 buts en 35 minutes). Maurice et Gava quittent le club, Job et Kanouté pointent le bout de leurs nez! Et c'est eux, la jeune garde qui qualifient, au moyen de la coupe Intertoto, l'OL en coupe UEFA... Dans laquelle les lyonnais s'apprêtent à marquer l'histoire du football européen.

Du lendemain de Rome, en novembre 1995, à la Veille de Milan, en octobre 1997, L'OL a vécu sa période la plus difficile depuis la remontée en D1. Entraîneur renvoyé, Maurice gravement blessé, Olmeta en boxeur, arbitre qui voit des pieds en l'air de partout... L'OL a souffert mais l'OL a résisté! Qui, le 21 octobre 1997, pouvait imaginer que l'OL était sur le point de réaliser un des plus beaux exploits de l'histoire du football français? Qui ?
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:20

voilà bonne lecture....

je mettrais d'autres parties de mes archives perso sur notre histoire bientôt.... Sinon je peux vous les envoyer par mail si vous voulez....
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shurikeN
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:21

Merci beaucoup pour tout ça Jr, joli.
@ Cena, si tu vois ça, peut-être qu'on pourrait épingler ce post ?

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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:28

Merci de ta participation Jr
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Cena69
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 19:54

Post épinglé Shu

Merci Jr Smile
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Lun 22 Nov - 22:43

de rien (kiss)

je rajouterais d'autres textes sur notre histoire.... En attendant si vous voulez plus de complément je vous conseille 3 livres:
l'OL jour après jour de Lanier
Ol, histoire d'une ascension de Danet
OL, les coulisses d'une réussite de Galante
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Jérémy
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Mar 23 Nov - 23:35

je continue à poster mes "archives" Smile .... aujourd'hui: qui était Tola Vologe, kui qui a donné son nom à notre centre d'entrainement....

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shurikeN
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MessageSujet: Re: Historique de l'Olympique Lyonnais   Mar 23 Nov - 23:38

Ah super article, je ne savais absolument pas ! Bon boulot

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